Escale(s) théâtrale(s) - 2019

Nous sommes partis d’un constat : comment servir un Art collectif sans la notion des pratiques ?

Etre metteure-en-scène est une posture de travail qui accueille en un projet plusieurs postes, et la direction d’acteur reste un axe fondamental, comme le partage du sens. Donner envie à une équipe de partir à l’aventure. L’agrès premier d’IDEM COLLECTIF reste celui des écritures contemporaines. Il s’agit de s’y frotter, de travailler les muscles quotidiennement, de pratiquer ensemble. Ainsi, en gardant la réalité de nos systèmes de productions, nous cherchons à inventer des espaces de travail, de reconnaissance afin de continuer à agir ensemble, en chemin vers un ouvrage. Celui-ci se trouvera à la rentrée 2020.

Nous voulons cheminer, creuser, forer, ouvrager, questionner, confronter, pratiquer. Nous proposons ainsi aux structures culturelles de nous confier les outils dont nous avons besoin pour cela : un plateau (un espace), du temps et l’accueil d’une équipe enthousiaste. En échange, en parallèle je dirais, car ceci n’est pas un troc, nous nous engageons à nous mettre au service des publics, à proposer des actions culturelles sur des demies-journées. Et de pratiquer l’après-midi et en début de soirée, cheminant vers l’ouvrage, en prenant pour cela le temps de collaborer avec un.e philosophe, un.e dramaturge, un.e musicien.ne… pour terminer le dernier jour de la semaine par un acte performatif et collaboratif.

Oui c’est comme une résidence, mais sans sortie de résidence, sans pièces à convictions ! Nous sommes convaincus. Oui c’est une action culturelle, mais cela est pensé en une écologie de moyens, en rapport avec un territoire et une équipe. Oui c’est une étape de travail de création mais la responsabilité de la production est partagée et les outils sont confiés à des artistes en leurs postures de travail et de praticiens.

« Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde. » Albert Camus, L’Homme révolté.

Nous cherchons une écologie, celle des moyens. Nous partageons les responsabilités et inventons des espaces, lieux communs où le travail, celui de la pratique, est considéré, visible. Nous ne pouvons pas créer sans cesse des objets artistiques comme des produits de consommations courantes : la sincérité, la précision, l’investissement, le muscle sont des matières à penser, à agencer. Une résistance qui dépasse l’injonction singulière faite à l’artiste. Être et n’être pas. Se projeter dans le projet, se détacher de la pratique, parler et discourir avant de faire et fabriquer. Avant de rencontrer le public, les publics. Nous cherchons à garder sur le bateau de la création des jeunes talents, de forger un temps nos fidélités et cela en répondant aux nécessités de l’intermittence. Ces escales permettront donc de conscientiser nos partenariats et de travailler le temps qui passe en un ouvrage de qualité et de profondeur. Nous souhaitons cela.

En actes : la compagnie se proposera de créer un dialogue avec le lieu d’accueil (en conscience de ses possibilités, ses ancrages, ses besoins de travail sur le terrain). Nous penserons, en responsabilités partagées, une semaine / une escale (ou plusieurs escales), comprenant des actions culturelles auprès des publics concernées et la mise à disposition du plateau et d’un technicien pour pratiquer en vue de la prochaine création. Cette proposition sera répartie en deux temps durant l'escale (nous pouvons imaginer, par exemple, un découpage en demi-journée : une demi-journée de travail avec un public et une demi-journée de pratique avec l'équipe de la création 2020). Ces escales, et plus particulièrement ces rencontres avec un public, seront formulées en amont avec le lieu, et toujours en écho avec son édito.