Edito

Nous tournons une page, nous partageons nos vœux. Et pourtant tout reste toujours à écrire. Mettre en mots puis en actes. Incarner les changements que nous aimerions voir dans ce monde. Nous cherchons une forme de courage, ne serait-ce pas le commencement de toute espérance ?

Alors partageons nos vœux ; que nous ne perdions pas la joie de nous retrouver. De vouloir éveiller nos imaginaires, d’être invités à partager des ouvrages, du vivant, des regards, des souffles. Sentir à ses côtés un rire, une onomatopée, des ennuis, des songes, le temps qui passe en un même espace. Retrouver le temps d’être spectateur ensemble.

Accueillons à nouveau. Le mot accueil vient du latin colligere (cueillir) qui, en vieux français (1080) s'est transformé en acoillir qui signifiait : réunir, associer, être avec. Le sens moderne apparaît au XIII ème siècle : recevoir ou recueillir quelqu'un, bien ou mal (Dictionnaire historique de la langue française).

Et quel est notre capacité d’accueil aujourd’hui ? Nous accueillons mal la peur au ventre. Nous ne cueillons rien dans l’urgence. Nous n’inventons rien isolés. Quel est notre envie d’accueillir ; Les diversités ? Les marges ? Les impromptus ? Nous formulons donc le vœu de redonner la chance à notre lucidité collective, à nos imaginations, à la culture partagée, aux cultures partagées, afin que nos imaginaires redonnent au spectacle vivant sa force d’accueil. Afin que les artistes soient eux aussi les artisans des nouveaux enjeux sociétaux. Et nous aimerions citer le philosophe et Sociologue Edgar Morin «avoir le courage d’être prêts à résister aux forces négatives.»

Oui, Choisissons nos forces lucides. L’intranquillité est notre lot, et alors, nous avions peut-être cru à tort que la stabilité était une norme. Il est peut-être temps de reprendre plaisir à réécrire sur le sable.

Aline Reviriaud

Interview à l'atheneum - 25 novembre 2020